Par Alain Beuve-Méry Publié hier à 19h00
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Livre. Le journaliste Marc Endeweld est l’un des plus fins connaisseurs des arcanes du capitalisme français et un chroniqueur vigilant de ses évolutions. Depuis L’Emprise. La France sous influence ? (Seuil, 2022), il en suit ses principaux acteurs et enquête sur la manière dont la France et ses dirigeants politiques et économiques se débattent pour ne pas terminer comme des proies emmaillotées dans la grande toile de la mondialisation. Dans celle-ci, de grandes araignées comme les Etats-Unis ou la Chine tissent en continu, tout comme les dirigeants des puissants fonds de pension et des entreprises de la tech californienne gourmande en cash qui cherchent à lever des milliards de dollars mis au service de l’intelligence artificielle.
Reste que pour arriver à comprendre ce qui se trame dans la France financiarisée d’aujourd’hui, un retour sur un passé proche s’impose. Dans L’Argent magique (Seuil, 544 pages, 23,50 euros), Marc Endeweld se transforme en entomologiste du capitalisme. Il a recueilli les confidences de nombreux hauts fonctionnaires, banquiers ou avocats d’affaires, ayant exercé depuis les années 1980. Une évidence troublante apparaît : c’est bien depuis l’arrivée de la gauche au pouvoir – une fois passé l’épisode euphorique de mai 1981 – que le capitalisme s’est épanoui dans l’Hexagone. Une véritable renaissance depuis 1945, les nationalisations qui ont suivi l’élection de François Mitterrand ayant paradoxalement préfiguré l’émergence de nouvelles grandes fortunes privées. Lire la suite.