Reportage

« Mon notaire m’envoie sa carte de vœux tous les ans » : à Saint-Germain-en-Laye, des héritiers rompus à l’optimisation fiscale

Jeudi 17 septembre 2026

Dans cette ville ultra-aisée de l’Ouest parisien, les familles cultivent l’art des niches fiscales pour transmettre leur patrimoine à moindres frais. Même si celles-ci ont un coût considérable pour les finances publiques.

Par Ismérie Vergne Publié le 16/09/2026 à 19h39

A la sortie du RER A, qui relie Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) au cœur de Paris en à peine trente minutes, le piéton est accueilli par l’imposante silhouette de l’ancienne demeure des rois de France, un château de pierre et de briques bordé de jardins à la française. Autour de ce décor royal, une dizaine d’agences immobilières haut de gamme se sont implantées, car la pierre se négocie très cher dans cette ville paisible et cossue de l’Ouest parisien (environ 7 500 euros le mètre carré).

Devant la vitrine de l’une d’entre elles, Edouard (1) s’attarde sur les annonces. Etudiant en galère d’appart ? Jeune adulte sur le point de signer son premier crédit immobilier ? Point du tout. « Je me renseigne sur les prix », explique-t-il d’abord à demi-mot, avant de s’ouvrir : « J’ai un appartement à louer mais je ne veux pas passer par une agence. » Avec sa sœur, ils ont « reçu » récemment de leur mère un « petit appartement » de 50 m² dans le centre-ville de Saint-Germain-en-Laye. Valeur du bien : 365 000 euros. Ni lui, ni elle, ne prévoit de l’occuper, alors pourquoi se priver d’une petite rente en complément de leur salaire ?

Un cadeau tombé du ciel ? Certainement pas, seulement un patrimoine qui est « le fruit du travail d’une vie », dit-il, celle de ses grands-parents, insiste l’ingénieur biomédical de 32 ans. Un bien transmis pour une bouchée de pain : des droits de succession « de moins de 10 000 euros », seulement possibles grâce à des donations anticipées de la part de leur grand-mère puis de leur mère. Lire la suite.

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