Des députés déplorent un manque de données disponibles sur les plus hauts patrimoines

Mercredi 15 juillet 2026

Des députés ont déploré, mercredi, un manque de données disponibles sur la composition du patrimoine et les revenus des foyers les plus fortunés, rejoignant un constat partagé par des sénateurs, et appellent à renforcer les connaissances en la matière.

Agence France-Presse 15 juillet 2026 à 17h45

Des députés ont déploré, mercredi, un manque de données disponibles sur la composition du patrimoine et les revenus des foyers les plus fortunés, rejoignant un constat partagé par des sénateurs, et appellent à renforcer les connaissances en la matière.

La commission d’enquête sur l’imposition des plus hauts patrimoines et des revenus les plus élevés avait été lancée à l’initiative du groupe Liot il y a plusieurs mois.

Dans leur rapport, les auteurs déplorent un « manque préoccupant de données disponibles » pour mesurer la concentration des revenus des plus hauts patrimoines et de « la régressivité de la fiscalité qui leur est appliquée ».

Ce manque d’information pose « un véritable problème démocratique auquel nous devons remédier », a assuré Jean-Paul Mattei, le président de cette commission d’enquête lors d’une conférence de presse.

Si le système fiscal est globalement progressif, « cette progressivité s’arrête à partir des 0,1% des ménages les plus aisés » car une part importante du patrimoine n’est « pas imposable », a détaillé le rapporteur de la commission d’enquête, Charles de Courson.

Ce manque d’information concerne essentiellement la question des biens mobiliers (actifs financiers, bénéfices conservés dans des sociétés, actifs professionnels etc.), prépondérant dans la composition du patrimoine des foyers les plus aisés.

Un constat similaire avait été posé par des sénateurs dans un rapport sur le même thème publié mi-juin, et qui appelait à « rouvrir la boîte noire » des hauts patrimoines.

« L’Etat connaît beaucoup moins bien les plus hauts patrimoines qu’on pourrait le croire », a déclaré le rapporteur de cette commission d’enquête, Charles de Courson.

Et cette situation pose question concernant « l’équité » du système fiscal, écrivent les auteurs du rapport.

Charles de Courson a également plaidé pour « recentrer certains régimes dérogatoires », comme le pacte Dutreil sur les transmissions d’entreprises, d’assurer un « niveau minimal » d’imposition des contribuables aisés en « ajustant la contribution différentielle sur les hauts revenus, en la rendant permanente et en redéfinissant la notion de revenu ».

L’essentiel des recommandations formulées consistent à améliorer la connaissance du patrimoine des plus riches.

La commission avait été lancée dans la foulée de déclarations de l’ancien ministre de l’Economie, Eric Lombard, qui avait affirmé que des milliers de personnes les plus fortunées ne payaient aucun impôt sur le revenu.

Selon Bercy, 13.000 personnes disposant d’un patrimoine supérieur à 1,3 millions d’euros ne paient aucun impôt sur le revenu.

Dans un communiqué, l’organisation patronale Meti a estimé que certaines propositions du rapport « menacent de fragiliser gravement des dispositifs (Pacte Dutreil, holdings) qui sont pourtant au cœur de la résilience, de l’indépendance et de la pérennité du tissu économique », et « alors que les entreprises subissent déjà une conjoncture de plus en plus dégradée ».

Agence France-Presse

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