Blanchiment : la banque ING solde des poursuites engagées en lien avec l’enquête Reynders

Mardi 5 mai 2026

La banque ING Belgique a accepté une transaction pénale d’un montant de 1,6 million d’euros pour mettre fin à des poursuites pour blanchiment d’argent qui la visaient, en lien avec une enquête sur l’ex-commissaire européen Didier Reynders, a annoncé le parquet de Bruxelles mardi.

Agence France-Presse 5 mai 2026 à 15h55

La banque ING Belgique a accepté une transaction pénale d’un montant de 1,6 million d’euros pour mettre fin à des poursuites pour blanchiment d’argent qui la visaient, en lien avec une enquête sur l’ex-commissaire européen Didier Reynders, a annoncé le parquet de Bruxelles mardi.

L’ancien ministre belge Didier Reynders, 67 ans, qui fut membre de l’exécutif européen durant le premier mandat d’Ursula von der Leyen (2019-2024), est soupçonné de s’être livré à du blanchiment en achetant de grandes quantités de billets de loterie sur plusieurs années.

Ces agissements suspects, signalés début 2022 par la Loterie nationale belge, font l’objet d’une enquête judiciaire ouverte en 2023 et qui est « toujours en cours », a indiqué une source judiciaire à l’AFP.

Parallèlement à ce dossier, le parquet de Bruxelles a rappelé mardi qu’ING était sous le coup elle-même d’une enquête depuis 2025 pour avoir omis de dénoncer des dépôts et transferts suspects de son client Didier Reynders, des faits potentiellement constitutifs d’une « complicité de blanchiment d’argent ».

Dans une enquête menée par l’office central pour la répression de la corruption, la filiale belge du géant bancaire néerlandais ING Group était soupçonnée de ne pas avoir signalé en temps voulu à l’autorité belge de contrôle des mouvements suspects pour un montant global de 1,04 million d’euros.

Il s’agit des « 245 dépôts en liquide (2001-2017, pour un total de 836.500 euros) » et des « 779 transferts créditeurs e-Lotto (2017-2024 pour un total de 202.491,35 euros) » de M. Reynders, a détaillé le parquet dans un communiqué.

La procédure s’est donc soldée par une transaction pénale, comme la loi belge l’autorise pour des faits de nature financière, une manière pour ING Belgique de s’amender sans que cela constitue une reconnaissance de culpabilité, précise le communiqué.

La banque a confirmé la transaction pénale avec le parquet et le versement de 1,6 million d’euros mettant fin aux poursuites.

« En effectuant cette transaction, nous souhaitons clore ce chapitre du passé », a-t-elle fait valoir

De son côté le procureur de Bruxelles, Julien Moinil, a rappelé que les banques devaient absolument respecter leurs obligations légales anti-blanchiment. « Leur vigilance est d’autant plus attendue s’agissant de personnalités publiques exerçant des fonctions de premier plan », a souligné le magistrat.

En décembre 2024, au moment des perquisitions menées chez lui en Belgique, Didier Reynders avait contesté par la voix de son avocat l’accusation de blanchiment d’argent.

Agence France-Presse

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