Essai

« Réparer le visible » : la Cinémathèque Afrique de fonds en comble

Dimanche 8 novembre 2026

La chercheuse et programmatrice Farah Clémentine Dramani-Issifou dirige un passionnant livre collectif, retraçant l’histoire et les perspectives de la plus importante collection de longs métrages africains au monde.

Par Sandra Onana Publié le 06/11/2026 à 22h12

D’abord, un malentendu à lever. La Cinémathèque Afrique n’est pas un lieu physique. Mais le plus important fonds de films africains au monde, 1 700 en tout, coproduits par la France dans plus de 30 pays. Une collection mal connue – née en 1961, sous le signe de la « coopération » entre les nouveaux Etats indépendants et l’ancienne tutelle coloniale –, que l’Institut français s’attache aujourd’hui à préserver et diffuser. Les films des pères fondateurs, de Sembène Ousmane à Souleymane Cissé, y côtoient la nouvelle garde des vingt dernières années – le documentariste congolais Alain Kassanda (Coconut Head Generation), le somalien Mo Harawe (révélé avec Village aux portes du paradis)… Qui peut y accéder, comment ? C’est là que ça coince. Depuis le discours de Ouagadougou de 2017, où Emmanuel Macron s’engageait à restituer le patrimoine acquis illicitement en Afrique, depuis le rapport Sarr-Savoy précisant les conditions de ce processus, des rapatriements ont eu lieu (tel le trésor du royaume du Dahomey , en 2020), une loi-cadre a vu le jour. Sans régler la question d’un patrimoine aussi « diasporique » (selon le terme du critique burkinabé Aboubakar Sanogo), que la mémoire des cinémas africains. Lire la suite.

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