Culture et savoir 6min Publié le 25 septembre 2026 Mis à jour le 25 septembre 2026 à 17:10 Margot Bonnéry
Bataille culturelle de l’extrême droite, dernier épisode en date : dans la petite ville d’Elne, dans les Pyrénées-Orientales, le maire classé « divers extrême droite », Steve Fortel, vient d’annoncer le retrait du nom de René Vautier du cinéma municipal pour le rebaptiser « Bobine illibérienne ».
Après avoir retiré les couleurs arc-en-ciel du drapeau LGBT + au niveau du passage piéton qui menait au cinéma, cet ancien membre du Front national souhaite effacer toute trace politique de gauche dans sa ville, un ancien bastion communiste. À commencer par l’histoire de la Résistance et de la lutte anticolonialiste qu’incarnait René Vautier (1928-2015).
Ne pas politiser la culture ?
À la fois réalisateur et scénariste, ce militant du Parti communiste français était une figure majeure du cinéma politique. Sa carrière a suivi les soubresauts de l’histoire. Entré en Résistance à l’âge de seize ans, il est décoré de la Croix de guerre. Caméra au poing, René Vautier rejoint ensuite clandestinement les maquis d’Algérie en 1956 et participe activement à la lutte révolutionnaire pour l’indépendance. Il avait réalisé auparavant Afrique 50, considéré comme le premier film anticolonialiste français, interdit de projection pendant près de quarante ans. Lire la suite.