Agence France-Presse 29 avril 2026 à 17h45
Le pirate informatique Rui Pinto, à l’origine des révélations des « Football Leaks » sur les dessous du foot-business, a été acquitté mercredi de tous les chefs d’accusation pour lesquels il répondait dans un deuxième procès devant la justice portugaise, qui l’avait déjà condamné pour des faits similaires.
Le Portugais de 37 ans était jugé depuis janvier 2025 pour 241 faits présumés d’accès illégal aux boîtes mail de plusieurs institutions sportives de son pays, dont le célèbre club du Benfica Lisbonne, de sociétés d’avocats et même de magistrats ou de l’autorité fiscale.
L’accusation a finalement été considérée « invalide » car elle portait sur une affaire pour laquelle il a déjà été jugé et condamné en septembre 2023, quand il a écopé d’une peine de quatre ans de prison avec sursis pour une série de crimes informatiques, ainsi que pour tentative d’extorsion contre un fonds d’investissement sportif.
« Le ministère public a violé les droits de la défense de l’accusé », qui a été victime de « violence procédurale », a estimé le tribunal mercredi, selon un jugement cité par plusieurs médias locaux.
Rui Pinto était à la fois prévenu et témoin protégé de la justice portugaise. Il coopère également avec les enquêteurs d’autres pays européens, dont la France.
Lors de son premier procès, il avait reconnu avoir commis des intrusions informatiques illégales pour obtenir des millions de documents qu’il a commencé à publier directement sur internet fin 2015.
Transmise à un consortium de médias d’investigation européens, cette manne d’informations a mis en lumière des pratiques douteuses impliquant joueurs vedettes, clubs et agents, qui ont ensuite fait l’objet de redressements fiscaux et d’enquêtes judiciaires dans plusieurs pays.
Arrêté en janvier 2019 en Hongrie où il vivait, puis extradé dans son pays, Rui Pinto a passé plus d’un an en détention provisoire avant d’accepter de coopérer avec les autorités dans d’autres affaires, en leur permettant d’accéder aux données cryptées qu’il avait en sa possession.
Fin 2023, Rui Pinto avait accepté d’être condamné par la justice française à six mois de prison avec sursis pour le piratage de dirigeants du Paris Saint-Germain.
Le Portugais est également à l’origine des « Luanda Leaks » mettant en cause l’origine de la fortune amassée par la femme d’affaires Isabel dos Santos, fille de l’ex-président angolais José Eduardo dos Santos.
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