En débat 12min Publié le 23 octobre 2026 Hélène May
La finance fait main basse sur notre économie, sur nos usines et sur une partie de nos existences avec la bénédiction du président Emmanuel Macron, et de ses ministres. Décryptage du phénomène avec Aurélie Trouvé, députée LFI de Seine-Saint-Denis et rapporteure d’une commission d’enquête parlementaire sur la prédation des capacités productives françaises par les fonds spéculatifs ; Nicolas Haettinger, délégué CGT de Novasco (fabricant d’acier) ; Aymeric Seassau, adjoint à la maire de Nantes et membre du comité exécutif du Parti communiste.
Qu’est-ce qu’un fonds prédateur et pourquoi s’y attaquer ?
Aurélie Trouvé Députée LFI
Aujourd’hui, la finance mondiale, qui représente à peu près quatre fois le PIB mondial, n’est pas régulée comme l’est le système bancaire. Elle prend la forme de fonds d’investissement, de hedge funds (fonds spéculatifs), de private equity (capital-investissement), de private credits (crédits privés), qui sont appelés finance de l’ombre parce qu’ils ne répondent à aucune règle : pas de ratio de solvabilité, pas d’obligation de fonds propres, le Far West total.
Cette finance s’incarne par exemple dans le fonds Apollo, et ses 1 000 milliards d’euros d’actifs, l’équivalent du PIB d’un petit pays, ou encore dans EQT Partners (acheteur des maisons de retraite Colisée) des laboratoires d’analyses médicales Cerba et de l’entreprise de gestion de l’eau Saur. C’est aussi le fonds allemand Mutares, qui a racheté le magasin de bricolage Lapeyre, ou Alpha Blue Ocean, fonds gangster dont le dirigeant Pierre Vannineuse est parti aux Bahamas pour avoir les mains libres et qui a repris les Fonderies de Bretagne et les crèches People and Baby ainsi que Babilou.
Ces géants de la finance sont en train de mettre la main sur toute une partie de notre économie, dans tous les secteurs. Ils saccagent les entreprises et licencient des milliards de salariés pour maximiser les profits des gros propriétaires de capital Lire la suite.