« Violences, arrestations, disparitions » : TotalEnergies savait que des exactions étaient commises sur son site gazier au Mozambique

Dimanche 24 novembre 2024

EnquêteLe groupe énergétique français savait dès 2021 que les soldats chargés de protéger son site gazier au Mozambique étaient accusés de violenter, d’enlever et de tuer des civils, selon des documents internes consultés par « Le Monde ». L’entreprise pétrolière a pourtant continué, pendant plusieurs années, à leur verser une indemnité.

Par Poline Tchoubar, avec SourceMaterial et Cellule Enquête vidéo Publié aujourd’hui à 18h00

« Il est parti pêcher, et il n’est jamais revenu, raconte Maundi*. A la place, nous avons reçu un cadavre. » En mars 2022, l’oncle de Maundi est battu à mort par des soldats. Sa seule faute : s’être approché trop près du site de gaz naturel liquéfié de TotalEnergies au Mozambique. Situé dans la province du Cabo Delgado, dans le nord-est du pays, le site est l’un des projets phares de la multinationale, évalué à 23 milliards de dollars.

Les infrastructures locales du pétrolier français sont au cœur d’une insurrection djihadiste qui sévit dans la région depuis 2017. Lorsque la rébellion atteint les abords de son site, en mars 2021, Total suspend ses activités et laisse ses infrastructures sous la protection des forces armées mozambicaines, regroupées dans une unité baptisée Joint Task Force (JTF). Lire la suite

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