La Tribune, Optimisation fiscale tous azimuts, 26/03 (Jean-Philippe LACOUR) : “ En 2003, la Société Générale a intégré dans ses comptes une nouvelle société financière répondant au doux nom de “Turquoise”, immatriculée aux îles Caïmans. BNP Paribas en a fait de même pour sept entités […].
La banque indique qu’il s’agit de special purpose vehicles (entités ad hoc) proposant à une clientèle d’investisseurs institutionnels des contrats sur actions à capital garanti. [… Selon René Ricol, président de la Fédération internationale des experts-comptables, ce sont les entreprises qui sont demandeuses,] “[…] La vraie raison est que cela leur permet de faire de l’optimisation fiscale”.
[…] Quant aux grands réseaux d’audit, ils ont installé des plates-formes dans de nombreuses places offshore. Un indice qui laisse penser que les multinationales s’y impliquent fortement. ”
[Ce même 26 mars, notre Commission d’enquête citoyenne examinait l’opération Turquoise, un voile jeté sur la complicité française dans le génocide d’un million de Tutsi en 1994 au Rwanda… L’aspect financier de cette complicité, passant notamment par la Banque de France et la BNP, a eu évidemment recours aux paradis fiscaux, dont la Suisse. Ces paradis ne servent pas seulement à étrangler la prestation de biens publics (“l’optimisation fiscale ”), ils peuvent aussi permettre de financer l’inavouable.
Dans cette même page de La Tribune, on apprend que la Commission européenne, alertée par le scandale Parmalat, prépare une directive de modification des normes comptables pour obliger les entreprises à déclarer les risques encourus dans les paradis fiscaux. Un début de réaction très modeste contre l’essor de ces mondes sans loi : selon le journaliste J.-P. Lacour, “ aucun gouvernement des pays développés ne veut prendre des actions vigoureuses à leur encontre ”. Et pourquoi donc ? – FXV]