Agence France-Presse 27 juin 2025 à 20h18
La commission des droits de l’homme du Mozambique a annoncé vendredi avoir ouvert une enquête sur des informations faisant état d’exactions mortelles commises en 2021 par des soldats contre des villageois fuyant les jihadistes près d’un site gazier de TotalEnergies dans le nord du pays.
Le site d’information Politico a rapporté que des soldats chargés de protéger ce site, situé dans la province du Cabo Delgado, avaient rassemblé des habitants à la suite d’une attaque et en avaient enfermé entre 180 et 250 dans des conteneurs, les accusant de soutenir les jihadistes.
Les hommes ont été détenus pendant trois mois et ont été battus, étouffés, affamés et torturés. Seuls 26 d’entre eux ont survécu, selon l’enquête du journaliste Alex Perry, basé sur des entretiens avec des survivants et des témoins.
« Si les faits allégués dans l’article sont avérés, ils peuvent constituer des crimes d’exécution sommaire, de torture et d’autres traitements cruels, dégradants ou inhumains », a déclaré la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) dans un communiqué.
Des enquêteurs vont être envoyés dans la province du Cabo Delgado, précise le communiqué. Ils seront chargés de recueillir des témoignages et rencontreront les représentants locaux de TotalEnergies, Mozambique LNG.
Cette société a déclaré l’année dernière ne pas avoir connaissance d’atrocités qui auraient été commises entre avril et juillet 2021.
En mars 2021, des jihadistes liés au groupe Etat islamique, actifs au Cabo Delgado depuis 2017, ont attaqué la ville portuaire de Palma, à quelques kilomètres du site de TotalEnergies, provoquant la fuite de milliers de personnes.
Selon l’ONG indépendante ACLED, plus de 800 civils et combattants avaient été tués. Dans son enquête, Alex Perry estime que plus de 1.400 personnes sont mortes ou portées disparues.
Le projet de gaz naturel liquéfié de Total, d’une valeur de plusieurs milliards de dollars, est depuis au point mort.
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