Les enquêtes de l’Humanité

Malgré l’embargo, Safran vend discrètement des pièces à une compagnie aérienne proche de la junte Birmane

Jeudi 10 septembre 2026

L’Humanité révèle que la compagnie aérienne birmane MAI, proche des généraux, se fournit auprès de l’avionneur français Safran pour entretenir sa flotte. Ses avions effectuent des liaisons civiles, tout en transportant ponctuellement la délégation du général Min Aung Hlaing, l’homme fort du pays.

Monde 6min Publié le 9 septembre 2026 Elisabeth Fleury Guillaume Maurice

Pour faire voler ses avions, une compagnie aérienne birmane proche de la junte se procure des pièces françaises fabriquées par Safran. Qu’importe le « climat d’insécurité généralisée » de ce pays d’Asie du Sud-Est, où « la situation des droits humains a atteint un nouveau seuil critique », selon un récent rapport du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, publié en août 2026.

Qu’importent aussi les bombardements sur les civils, le travail forcé, les déplacements de population et les arrestations arbitraires. En dépit d’un embargo imposé par l’Union européenne depuis 2018, le fleuron de l’industrie aéronautique française compte parmi ses clients Myanmar Airways International (MAI), une des principales compagnies aériennes birmanes, intime de la junte, dont le statut de transporteur civil lui permet d’échapper aux sanctions.

Dans une enquête réalisée avec l’aide de l’Observatoire des armements, à partir de l’analyse de bases de données douanières, l’Humanité a ainsi pu identifier une dizaine de livraisons entre décembre 2023 et mars 2026. Lire la suite.

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