Les affaires troublantes du groupe pétrolier Perenco en Afrique, entre cadences infernales et soupçons de corruption

Jeudi 22 mai 2025

Enquête Ce groupe franco-britannique, fondé par une richissime et très discrète famille française, occupe une place importante dans le secteur pétrolier. Mais ses agissements, en particulier en Afrique, mobilisent les ONG et intriguent la justice.

Par Benjamin Roger et Vanessa Schneider Publié hier à 05h30, modifié hier à 15h09

Ce devait être une journée de travail comme une autre, sur la plateforme pétrolière offshore de Becuna, au large des côtes gabonaises. Elle a tourné au cauchemar avec l’un des accidents les plus meurtriers de l’histoire récente de l’industrie pétrolière. Le 20 mars 2024, dans l’après-midi, une forte explosion suivie d’un incendie provoqué par une remontée de pétrole et une fuite de gaz dévaste une partie de ce site exploité par le groupe franco-britannique Perenco. Six employés qui participent à une opération de maintenance – quatre Gabonais, un Camerounais et un Français d’une trentaine d’années – sont tués.

Dans un rapport que Le Monde a pu consulter, l’Environmental Investigation Agency (EIA), une organisation non gouvernementale d’enquête sur les enjeux environnementaux, pointe la responsabilité de Perenco dans ce drame. D’après ce document sans concession, « deux semaines avant l’explosion, deux dangereuses remontées de pétrole s’étaient produites sur la plateforme », où « des équipements de sécurité essentiels qui auraient pu empêcher l’explosion faisaient défaut ». Lire la suite.

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