Entretien

Gabriel Zucman : « Je suis convaincu qu’un impôt minimum sur les grandes fortunes verra le jour en France »

Lundi 3 novembre 2025

Même si vous suivez de loin les débats économiques, vous avez sûrement entendu parler de la « taxe Zucman », cet impôt minimum sur les ultra riches. Le débat budgétaire s’est emballé sur le sujet la semaine dernière à l’Assemblée nationale, ce qui a donné lieu à des échanges musclés.

Le 03 Novembre 2025 6 min

Constatant qu’un consensus ne semblait pas d’actualité, le parti socialiste a proposé une « taxe Zucman light » au rendement incertain. Mais ni la version d’origine, ni la version amendée n’ont été adoptées en séance. Sur les 406 suffrages exprimés, 43 % ont voté pour, un beau score mais insuffisant.

C’est donc le moment de faire une pause et de revenir avec le principal intéressé, Gabriel Zucman, sur cette séquence parlementaire. Loin d’être abattu, l’économiste est persuadé qu’une imposition minimale des ultrariches verra le jour en France. Et peut-être au niveau mondial. En tout cas, il a repris son bâton de pèlerin pour convaincre la population. Il fait le tour des librairies en France pour présenter son nouveau livre, avant de partir à l’étranger pour gagner des supporters au G20. La bataille continue.

Voyant la difficulté à obtenir un consensus, les socialistes ont proposé une « taxe Zucman light ». Etait-ce une bonne idée ?

Gabriel Zucman : On l’a appelée « light » parce qu’elle prévoit un taux de 3 %, supérieur à celui de 2 % que j’avais proposé, mais appliqué dès 10 millions d’euros de patrimoine, contre 100 millions dans ma version. À première vue, elle paraît donc plus ambitieuse. Mais elle comporte deux Lire la suite.

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