Bras de fer au sommet du groupe Castel, géant du vin et des boissons

Jeudi 8 janvier 2026

La famille du fondateur de Castel, géant du vin et des boissons en France et en Afrique, a tenté, sans succès pour l’heure, de révoquer jeudi le directeur général du groupe, avec qui elle est en conflit.

Agence France-Presse 8 janvier 2026 à 18h16

La famille du fondateur de Castel, géant du vin et des boissons en France et en Afrique, a tenté, sans succès pour l’heure, de révoquer jeudi le directeur général du groupe, avec qui elle est en conflit.

Une assemblée générale extraordinaire s’est tenue jeudi à Singapour, siège de la holding de tête ultime du groupe bordelais fondé par Pierre Castel (99 ans), portant sur la révocation de Gregory Clerc (41 ans), ex-avocat fiscaliste suisse devenu directeur général depuis 2023.

Mais les actionnaires d’Investment Beverage Business Management (IBBM) n’ont pas pu voter, a assuré la famille de Pierre Castel, qui dénonce également les « arguties » du président d’IBBM, Pierre Baer, accusé d’avoir voulu « empêcher ses actionnaires d’exercer leur droit de vote ».

« En raison de ces manœuvres dilatoires, une nouvelle assemblée générale sera convoquée », probablement fin janvier, « avec comme ordre du jour la révocation de Pierre Baer et de Gregory Clerc », assure la famille dans un communiqué.

« L’assemblée générale du 8 janvier 2026 s’est tenue dans le strict respect des lois et règles applicables » à Singapour, a répliqué IBBM dans un communiqué, soulignant que « par l’application de ces règles, les résolutions tendant à la recomposition du conseil d’administration (…) n’ont pas été adoptées. »

« Il est préoccupant de constater que des personnes prétendant vouloir exercer des responsabilités de gouvernance chez IBBM ou dans le groupe (Castel) aient négligé ces règles et travestissent publiquement leur application comme des manœuvres dilatoires ou d’obstruction », a ajouté la société singapourienne.

  • « Crise de gouvernance » -

De son côté, « Gregory Clerc ne détient aucune participation au capital d’IBBM et ne prend, à ce titre, aucune part aux votes des actionnaires », a fait valoir l’entourage du dirigeant suisse, qui déplore « des informations fausses ou tronquées qui viennent nuire à la réputation globale du groupe ».

Le directeur général ajoute qu’il « demeure pleinement engagé dans l’exercice de ses fonctions » comme patron de DF Holding, société luxembourgeoise chapeautant les principales entités opérationnelles du groupe (Castel Vins, Castel Afrique et la filiale agro-industrielle Somdia).

Le 27 décembre, dans une déclaration consultée par l’AFP, les administrateurs de DF Holding ont affiché leur « confiance » envers Gregory Clerc « face aux tentatives de déstabilisation », soulignant la « profitabilité » de l’entreprise aux quelque 40.000 salariés.

En 2024, le groupe avait enregistré 6,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires, dont 1,1 milliard pour Castel Vins (Baron de Lestac, Listel, Kriter, cavistes Maison Nicolas…).

Alléguant d’une dissociation entre « détention du capital » et « gestion opérationnelle », selon une « architecture » voulue par Pierre Castel « dès 1992 », Gregory Clerc assure respecter les volontés du fondateur du groupe.

Sa fille unique, Romy Castel, et son neveu Alain, qui a été démis de plusieurs mandats début décembre, évoquent au contraire une « crise de gouvernance » et veulent faire valoir le droit de propriété.

Ces désaccords « ne concernent en rien le fonctionnement opérationnel » du groupe, a argué mardi Gregory Clerc dans un courrier interne consulté par l’AFP, assurant que son éventuelle révocation d’IBBM n’aurait « aucun impact » sur ses autres mandats.

Une source proche de la famille Castel estime à l’inverse que cette révocation rendrait son départ « inéluctable ».

Agence France-Presse

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