Interview

Travail le 1er mai : « Derrière la figure rassembleuse du petit commerçant, ce sont les intérêts de grands groupes qui sont en jeu »

Lundi 13 avril 2026

Pour le sociologue Karel Yon, la proposition de loi visant à autoriser le travail de certains salariés le 1er Mai ouvrirait une brèche à de nouvelles dérogations.

Par Sacha Nelken Publié aujourd’hui à 6h37

Nouvel affrontement social à l’horizon ? Alors que les syndicats somment le gouvernement d’abandonner la loi visant à autoriser le travail de certains salariés le 1er Mai, Karel Yon, sociologue du travail et de la politique, chargé de recherche au CNRS, rappelle auprès de Libération à quel point cette date est symbolique. Il dénonce également l’esprit du texte qui épouse, selon lui, la thèse sarkozyste du « travailler plus pour gagner plus ».

En quoi le 1er Mai se distingue-t-il dans l’ensemble des jours fériés ?

A la différence de beaucoup de jours fériés en France qui sont religieux, le 1er Mai est intrinsèquement lié à l’histoire du mouvement ouvrier et des luttes sociales. Au départ, il y a une revendication des syndicats aux Etats-Unis qui, dans les années 1880, décident de faire la grève générale à cette date pour revendiquer la journée de huit heures. En 1886, la répression policière fait plusieurs morts lors d’une mobilisation à Chicago, ce qui va contribuer à inscrire cette date dans les mémoires. Au point qu’elle sera ensuite reprise en 1889 lors de la deuxième Internationale, réunie à Paris : il est alors décidé de reprendre cette date du 1er mai comme un rendez-vous international pour la lutte en faveur de la journée de huit heures. C’est vraiment une date symbolique dans l’histoire du mouvement ouvrier. Elle a, pendant des décennies, orienté les mobilisations. Lire la suite.

Revenir en haut