Des militaires mozambicains tuent au moins 13 pêcheurs dans le nord

Mardi 17 mars 2026

Des forces armées mozambicaines ont tué au moins treize pêcheurs dimanche dans le nord de ce pays d’Afrique australe en proie à une insurrection jihadiste, ont indiqué mardi à l’AFP l’ONG Acled ainsi que deux sources sous couvert d’anonymat, confirmant des informations du média local Zitamar.

Agence France-Presse 17 mars 2026 à 14h12

Des forces armées mozambicaines ont tué au moins treize pêcheurs dimanche dans le nord de ce pays d’Afrique australe en proie à une insurrection jihadiste, ont indiqué mardi à l’AFP l’ONG Acled ainsi que deux sources sous couvert d’anonymat, confirmant des informations du média local Zitamar.

Des pêcheurs de la zone côtière proche du port de Mocimboa da Praia sont soupçonnés par les militaires de compter parmi les insurgés affiliés à l’organisation Etat islamique. Seize d’entre eux avaient déjà été tués dans un incident similaire un peu plus au sud en septembre.

« Des membres de la marine mozambicaine ont ouvert le feu sur un bateau de pêche vers 7 heures du matin le 15 mars, près du village de Calugo. Au moins 15 personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées », a indiqué à l’AFP une source sécuritaire souhaitant demeurer anonyme.

L’ONG Acled, compilant des données sur les conflits, a confirmé à l’AFP la mort d’« au moins treize personnes » dans l’incident. Une figure locale évoque entre « 13 et 15 morts ». « Le bateau d’un ami a été touché. Mais il s’en est sorti », a-t-il ajouté.

Cette province du Cabo Delgado est déchirée depuis 2017 par une insurrection d’un groupe affilié à l’organisation Etat islamique. Le conflit a fait environ 6.500 morts d’après l’Acled, dont 800 dans la seule attaque de Palma en mars 2021.

L’événement avait conduit pendant près de cinq ans à l’interruption du projet gazier géant de TotalEnergies, dont la reprise a été annoncée en fin d’année dernière.

L’armée locale a déjà été accusée d’exactions contre des civils auparavant. L’ONG allemande European Center for Constitutional and Human Rights (ECCHR), dans une plainte en France contre TotalEnergies pour « complicité », accuse la force de sécurisation du site gazier, qui était composée de militaires mozambicains, d’avoir « détenu, torturé et tué des dizaines de civils » entre juillet et septembre 2021.

Ces allégations avaient été rapportées par le média Politico en septembre 2024, puis par SourceMaterial et Le Monde, TotalEnergies les conteste.

  • Pas de nouveau financement au Rwanda -

Un nombre record d’attaques jihadistes a été enregistré l’année passée par l’agence de la protection civile et des opérations d’aide humanitaire (Echo) de la Commission européenne.

Le Rwanda, déployé en renfort depuis mi-2021 dans le nord du Mozambique, a menacé samedi de retirer ses troupes faute de « financement durable ».

L’avertissement lancé par le chef de la diplomatie rwandaise Olivier Nduhungirehe intervient à l’approche de l’échéance de fin mai d’une aide de 20 millions d’euros de l’Union européenne. Prolongée en novembre 2024, elle visait à financer équipements individuels et transport aérien des militaires rwandais.

« Depuis des mois, aucun financement supplémentaire n’est envisagé », a indiqué à l’AFP un diplomate ayant connaissance du dossier. Il écarte tout lien avec les récentes sanctions américaines visant les forces de Kigali pour leur appui au groupe antigouvernemental M23 dans l’est de la République démocratique du Congo.

Le coût pour le Rwanda, qui a mobilisé jusqu’à 5.000 militaires au plus fort du conflit, est « au moins 10 fois supérieur » à l’assistance européenne, a assuré Kigali. Un premier paquet de 20 millions d’euros de l’UE a été alloué aux forces rwandaises en 2022. Lors du vote du deuxième en novembre 2024, la Belgique, ex-puissance coloniale en RDC, s’était abstenue.

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Agence France-Presse

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