Côte d’Ivoire : la deuxième mort de Guy-André Kieffer, journaliste « trop curieux »
Chronique
Thomas Hofnung
chroniqueur Le Monde Afrique
En 2004, l’enquêteur franco-canadien était enlevé à Abidjan. Quinze ans plus tard, le mystère de sa disparition demeure et les promesses de vérité n’ont pas été tenues, dénonce notre chroniqueur.
Publié le 16 avril 2019 à 18h30 - Mis à jour le 17 avril 2019 à 15h43
Chronique. C’était il y a quinze ans jour pour jour. Le 16 avril 2004, à la mi-journée, le journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer (« GAK ») avait rendez-vous dans le centre d’Abidjan avec l’un de ses nombreux informateurs. Mais, sur le parking d’un centre commercial très fréquenté, ce fut des hommes en armes qui surgirent et l’embarquèrent manu militari dans leur véhicule banalisé. On ne l’a jamais revu.
Pendant des années, ses proches – sa femme Osange, son frère Bernard, notamment – ont remué ciel et terre pour tenter de savoir ce qui lui était arrivé, et pour que les responsables de son rapt soient déférés devant la justice. Mais l’enquête ouverte à Paris s’est enlisée au fil des ans, entre vrais-faux témoins se volatilisant aussi rapidement qu’ils avaient déboulé, manipulations en tous genres et indifférence grandissante. Lire la suite.