Canal de Panama : annulation de la concession du Hongkongais CK Hutchison, vive réaction de Pékin

Vendredi 30 janvier 2026

La Cour suprême du Panama a annulé la concession du Hongkongais CK Hutchison pour exploiter deux ports du canal, une décision ayant provoqué une vive réaction de Pékin, qui a promis vendredi de « protéger les droits et intérêts légitimes de ses entreprises ».

Agence France-Presse 30 janvier 2026 à 09h46

La Cour suprême du Panama a annulé la concession du Hongkongais CK Hutchison pour exploiter deux ports du canal, une décision ayant provoqué une vive réaction de Pékin, qui a promis vendredi de « protéger les droits et intérêts légitimes de ses entreprises ».

Cette annonce survient alors que les États-Unis cherchent à réduire la présence chinoise dans cette voie stratégique, renforçant les tensions autour du canal qui relit les océans Atlantique et Pacifique.

Les États-Unis et la Chine sont aujourd’hui les deux principaux utilisateurs de cette voie de 80 kilomètres par laquelle transite environ 5% du commerce maritime mondial.

« La partie chinoise prendra toutes les mesures nécessaires pour préserver résolument les droits et intérêts légitimes des entreprises chinoises », a déclaré lors d’un point presse régulier Guo Jiakun, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

La Cour suprême panaméenne avait jugé jeudi « inconstitutionnelles » les lois en vertu desquelles CK Hutchison exploite les ports situés aux deux entrées du canal, selon un communiqué de l’institution consulté par l’AFP.

La nullité des contrats concernant les ports de Cristobal, côté Atlantique, et de Balboa, côté Pacifique, avait été demandée par la Cour des comptes panaméenne. Celle-ci avait déposé deux plaintes l’an dernier, estimant que ces contrats avaient donné lieu à des irrégularités.

Ces plaintes avaient été introduites dans un contexte de fortes pressions du président américain Donald Trump, qui avait menacé l’an dernier de reprendre le contrôle du canal, affirmant qu’il se trouvait sous l’influence de Pékin.

Une filiale de CK Hutchison, Panama Ports Company (PPC) est, quant à elle, venue à la rescousse de sa maison-mère vendredi, contestant le fondement juridique de la décision de la Cour suprême.

« La nouvelle décision (…) manque de fondement juridique et met en péril non seulement PPC et son contrat, mais aussi le bien-être et la stabilité de milliers de familles panaméennes qui dépendent directement ou indirectement de l’activité portuaire », a déclaré Panama Ports Company dans un communiqué.

Le président panaméen, José Raúl Mulino, a qualifié à plusieurs reprises ces contrats de « léonins » et « contraires aux intérêts nationaux ».

De son côté, Donald Trump exige désormais du Panama des conditions préférentielles pour l’utilisation du canal par les navires américains.

  • Sous contrôle panaméen en 1999 -

Fondé par le milliardaire Li Ka-shing, CK Hutchison est l’un des plus grands conglomérats de Hong Kong, présent notamment dans la finance, le commerce de détail, les infrastructures, les télécommunications et la logistique.

La filiale PPC gère les ports de Cristobal et de Balboa depuis 1997. Elle avait obtenu une première concession de 25 ans, prolongée pour une durée équivalente en 2021.

En janvier 2025, la filiale avait indiqué avoir versé 59 millions de dollars à l’État panaméen au cours des trois années précédentes et précisé que son personnel était presque entièrement panaméen.

A la clôture vendredi à la Bourse de Hong Kong, le titre de CK Hutchison cédait 4,6%, à 63,25dollars hongkongais, limitant légèrement ses pertes.

En mars 2025, le groupe avait accepté de céder le contrôle des deux ports à un consortium mené par le fonds américain BlackRock. Toutefois, la transaction, regardée avec suspicion par la Chine, n’a toujours pas été finalisée.

Construit par les États-Unis et inauguré en 1914, le canal est passé sous contrôle panaméen en 1999 dans le cadre de traités bilatéraux négociés sous la présidence du démocrate américain Jimmy Carter (1977-1981).

L’administration du canal de Panama a par ailleurs indiqué en novembre que plusieurs groupes chinois étaient intéressés par un appel d’offres visant à construire deux nouveaux ports le long de la voie.

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Agence France-Presse

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