Par Laurent Léger Publié aujourd’hui à 6h05
Après un après-midi de bagarre à la barre, jeudi 17 septembre après-midi, avec des avocats de la défense remontés contre les parties civiles, dont ils dénient le rôle et leur présence à ce procès, le premier interrogatoire de Rachida Dati a ressemblé à un moment de détente pour les avocats et le public. Sauf pour l’intéressée : concentrée, droite dans son blazer à carreaux, jetant parfois un regard à droite vers ses quatre avocats, jamais à gauche où sont assis les conseils des parties civiles. L’élue boule de nerfs qui pilonne ses adversaires politiques sur les plateaux télé s’est transformée en inaudible petite chose, à la voix étale et basse, aux mots qui se bousculent quand elle ouvre la bouche, au point que la présidente, Claire Saas, lui demande à plusieurs reprises de se rapprocher du micro et de parler plus lentement. Profil bas, donc.
Trois heures quinze d’audition, ce jeudi, menées par une présidente qui cherche à obtenir des dates, des précisions, bref dresser le périmètre du contrat qui a lié Rachida Dati à une discrète filiale de Renault Nissan aux Pays-Bas (RNBV), présidée par le puissant Carlos Ghosn, et qui lui vaut notamment des poursuites pour « corruption passive » et « trafic d’influence passif ». Les juges d’instruction qui ont signé l’ordonnance de renvoi en 2025 sont persuadés que celle qui est alors eurodéputée a servi de « cheval de Troie » à Renault au sein du Parlement européen, une consultante ou lobbyiste plutôt qu’une avocate comme elle l’affirme, et cela grassement rémunérée : 900 000 euros sur trois ans. Lire la suite.