Le 22 Avril 2026 11 min
Par Justin Delépine
Lors d’une crise énergétique, comme celle d’aujourd’hui avec un baril de pétrole à plus de 100 dollars, les regards sont d’abord fixés sur les prix et leur impact. Mais à mesure que la crise dure et que leurs factures s’alourdissent, les consommateurs pourraient tourner leur regard vers un autre chiffre : les profits des compagnies pétrolières et gazières. Quand les premiers tirent la langue, les autres touchent le gros lot.
C’est un effet quasi mécanique. Les prix de vente hors taxes du carburant à la pompe sont indexés sur l’évolution des cours du pétrole brut, qui en est la matière constitutive. Et logiquement, quand un quart de l’offre mondiale de brut est bloquée, comme c’est le cas aujourd’hui, la demande devient supérieure à l’offre, ce qui fait augmenter les prix pour le consommateur.
En France, entre le 28 février et mi-avril, le prix de vente hors taxes avait ainsi bondi de plus de 50 % pour le diesel et de près de 30 % pour l’essence. En revanche, ce n’est pas parce que les cours de l’or noir s’envolent que les coûts de production des compagnies pétrolières, eux, évoluent, du moins à court terme. L’extraction d’un baril de brut en avril ne coûte pas plus cher qu’en janvier. Idem pour les opérations de raffinage. Et, forcément, quand le prix de vente explose mais pas les coûts, le bénéfice du producteur grimpe en flèche. Lire la suite.