Agence France-Presse 30 septembre 2026 à 11h50
En 18 ans, l’argent des Émirats arabes unis a transformé l’équipe de seconde zone qu’était Manchester City en un géant du foot mondial. Mais le club risque aujourd’hui de lourdes sanctions pour des infractions financières.
La Premier League a confirmé mardi que Manchester City avait commis de « graves » infractions financières entre 2009 et 2018, en dissimulant plus d’un milliard d’euros aux contrôles, ce que réfute le géant anglais possédé par un fonds émirati.
En attendant, voici ce qu’il faut savoir sur les deux hommes forts du club, le propriétaire, Cheikh Mansour, et le président, Khaldoun Al-Mubarak.
. Cheikh Mansour, le propriétaire
Le club est détenu depuis 2008 par Abu Dhabi United Group (ADUG), propriété de Cheikh Mansour ben Zayed al-Nahyan, l’un des hommes les plus riches du Moyen-Orient et frère cadet du président émirati Mohammed ben Zayed.
Celui-ci occupe aussi les postes de vice président et de vice Premier ministre des Emirats arabes unis.
Né en 1970, Cheikh Mansour préside le conseils d’administration du riche fonds souverain Mubadala, dont le directeur général n’est autre que le président de Manchester City, Khaldoon Al Mubarak.
Son influence s’étend sur un vaste réseau d’entreprises publiques, qui pèsent plusieurs centaines de milliards de dollars et entretiennent des intérêts économiques avec le Royaume-Uni, donnant une dimension à la fois diplomatique et économique aux déboires de Manchester City.
Figure discrète de la famille royale, il a été au centre de plusieurs controverses.
Fin 2023, sa tentative de rachat du quotidien conservateur britannique The Telegraph, à travers le fonds Redbird IMI dont il est l’actionnaire majoritaire, a inquiété le gouvernement britannique.
Cheikh Mansour détient également le groupe de médias IMI, basé à Abou Dhabi, qui a lancé en 2010 une chaîne d’informations arabophone en partenariat avec SkyNews. Mais le groupe britannique a annoncé cette année avoir transféré « le contrôle stratégique et opérationnel » de SkyNews Arabia à IMI, sur fond de critiques au Royaume-Uni sur sa couverture de la guerre au Soudan.
Selon le New York Times, Cheikh Mansour joue un rôle de premier plan pour servir les intérêts des Émirats arabes unis en Afrique, notamment au Soudan où il aurait noué des liens avec le général Mohamed Hamdan Dogolo, dont les forces sont accusées de génocide par des militants des droits humains.
Depuis son passage sous pavillon emirati, Manchester City a remporté huit titres en Premier League et la Ligue des champions en 2023.
Mais cette « success story » est ternie par des soupçons de malversations financières.
En 2020, l’UEFA avait banni le club pour deux ans de toutes compétitions européennes en raison d’infractions présumées au fair-play financier, une sanction levée en appel devant le Tribunal arbitral du sport.
Mais la plus lourde menace provient d’une enquête menée par une commission indépendante mandatée par la Premier League. Celle-ci a annoncé lundi que City avait été reconnu coupable de « graves » infractions financières sur la période 2009-2018.
Le club a immédiatement annoncé qu’il allait contester les conclusions de l’enquête, se disant « innocent » des « accusations » qui le visent. Il a possibilité de faire appel des conclusions de l’enquête jusqu’à vendredi, a précisé la Premier League.
Une sanction doit encore être prononcée, sans que l’instance n’ait précisé de calendrier.
. Khaldoon al-Mubarak, le président
Khaldoun Khalifa Al-Mubarak dirige le conseil d’administration du Manchester City FC depuis 2008 et celui de City Football Group, une holding qui rassemble les différentes activités liées au club créée en 2013. Elle détient également d’autres clubs dans le monde.
Sous son impulsion, Manchester City est passé d’un club de second plan à une véritable entreprise sportive et commerciale. Des investissements massifs ont été réalisés dans les infrastructures et les installations d’entraînement, le recrutement des joueurs, le développement des talents ou encore le football féminin.
Âgé de 51 ans, Khaldoun Khalifa Al-Mubarak occupe des postes stratégiques au sein de plusieurs entités émiraties, notamment le fond souverain Mubadala, dont il est directeur général depuis 2002.
Il est membre du conseil d’administration de la Compagnie pétrolière nationale ADNOC, de la compagnie émiratie d’intelligence artificielle G42 et vice-président du conseil d’administration du fonds technologique émirati MGX.
Il est également membre du Conseil exécutif de l’émirat d’Abou Dhabi et envoyé spécial du président des Émirats arabes unis en Chine.
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