Enquête

« Prière d’autoriser le ciment à passer les barrages » : le procès des sombres compromis de Lafarge avec les djihadistes en Syrie

Lundi 3 novembre 2025

Pour la première fois, une entreprise va comparaître pour « financement du terrorisme », un procès historique aux multiples enjeux. Lafarge et huit personnes sont soupçonnés d’avoir versé en 2013 et 2014 cinq millions d’euros à des groupes djihadistes par l’entremise de la filiale syrienne du cimentier.

Par Valérie de Senneville Publié le 3 nov. 2025 à 17:01 Mis à jour le 3 nov. 2025 à 17:18

Rarement dossier aura mêlé autant de faits obscurs et d’éléments juridiques complexes. A partir de ce mardi s’ouvre devant le tribunal correctionnel de Paris le procès pour financement du terrorisme contre le groupe Lafarge et huit personnes : d’anciens dirigeants, des cadres chargés de l’opérationnel ou de la sûreté de l’entreprise ainsi que des intermédiaires syriens.

Selon l’ordonnance de renvoi devant le tribunal que « Les Echos » ont pu consulter, les prévenus « ont dans une logique de recherche de profits pour l’entité économique qu’ils servaient ou, pour certains, de profit personnel direct, organisé, validé, facilité ou mis en œuvre une politique supposant de faire parvenir un financement aux organisations terroristes implantées autour de la cimenterie », filiale de Lafarge en Syrie. L’enquête a démontré que plusieurs millions d’euros ont été versés à des entités terroristes, dont Jabhat Al-Nosra et l’Etat Islamique (EI), afin de maintenir l’usine de Jalabiya en activité. Lire la suite.

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