Les révélations d’un lanceur d’alerte sur l’arsenal sécuritaire du Maroc, des logiciels espions aux caméras dans les climatisations

Jeudi 16 juillet 2026

Enquête Mouchards installés avec une clé USB, téléphones vendus avec des logiciels espions, écoutes et caméras cachées… En plus du logiciel Pegasus, le royaume chérifien a constitué un puissant arsenal répressif, déployé contre des journalistes ou des cibles politiques.

Par Damien Leloup et Martin Untersinger Publié aujourd’hui à 06h30, modifié à 07h58

Temps de Lecture 8 min.

C’est un témoignage sans précédent, venu du cœur de l’appareil sécuritaire du Maroc. Un ancien officier de la direction générale de la surveillance du territoire (DGST), le puissant service de renseignement intérieur, a décidé de témoigner des dérives de son ancien service et de la manière dont il contribue à la répression de la société civile marocaine.

Son identité doit rester secrète. On ne peut dire ni son âge, ni le pays où il s’est réfugié, pas plus que décrire son apparence physique ou faire écouter sa voix. Les risques qu’il encourt en prenant la parole sont immenses : lorsqu’il se rend dans un café, il préfère être servi dans des récipients jetables, pour ne laisser aucune empreinte digitale. Nous l’appellerons Safir.

Il a d’abord pris attache avec le journaliste marocain Hicham Mansouri. Après une enquête de plusieurs années, ce dernier s’est rapproché de Forbidden Stories, un média chargé de poursuivre les travaux de journalistes réduits au silence. Sur la base du témoignage de Safir, de documents inédits issus notamment de procédures judiciaires et des services marocains, ainsi que de témoignages de plusieurs autres lanceurs d’alerte, un consortium composé du Monde et de 14 autres rédactions, coordonné par Forbidden Stories et avec l’appui technique du Security Lab d’Amnesty International, détaille la manière dont l’impressionnant arsenal de surveillance du régime marocain a été mis à profit pour surveiller et faire taire ses opposants. Lire la suite.

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