Le parti Reform UK secoué par une nouvelle affaire de dons, Bardella apporte son soutien

Vendredi 4 septembre 2026

Le chef du parti britannique anti-immigration Reform UK, Nigel Farage, s’est employé vendredi devant ses militants réunis en congrès à réfuter de nouvelles accusations d’irrégularités de financement, qui fragilisent son parti au moment où il tente de se projeter en futur Premier ministre.

Agence France-Presse 4 septembre 2026 à 17h30

Le chef du parti britannique anti-immigration Reform UK, Nigel Farage, s’est employé vendredi devant ses militants réunis en congrès à réfuter de nouvelles accusations d’irrégularités de financement, qui fragilisent son parti au moment où il tente de se projeter en futur Premier ministre.

Empêtré depuis plusieurs mois dans une controverse sur des dons de plusieurs millions de livres dont lui et son parti ont bénéficié, Nigel Farage a reçu le soutien appuyé de ses sympathisants et de Jordan Bardella, président du parti d’extrême droite français Rassemblement national, à l’occasion du congrès annuel de la formation à Birmingham, dans le centre de l’Angleterre.

« Nous avons été la cible d’une campagne d’attaques hautement coordonnées », car les partis traditionnels « ont peur de nous », a affirmé le vétéran de la politique, âgé de 62 ans, dans un discours clôturant la journée, où il s’est de nouveau posé en victime du « système ».

La controverse autour du financement de Reform a rebondi après la diffusion jeudi d’un reportage en caméra cachée sur Channel 4, où l’on voit un collaborateur de Nigel Farage proposer de contourner la loi pour obtenir un don de 500.000 livres d’un citoyen américain.

Le reportage accuse ce même collaborateur et un autre responsable du parti d’avoir enfreint les règles électorales en faisant financer des sondages par une société étrangère. Ils ont tous deux démissionné vendredi matin.

« Le parti n’a rien fait de mal, il n’a pris aucun argent illégal (…) je n’ai enfreint aucune loi, détourné aucun fonds public », a martelé le chef de Reform, dénonçant un « piège » devant ses partisans levés, qui redoublaient d’applaudissements.

Un peu plus tôt, il avait déjà fermement rejeté les accusations, lors d’une conférence de presse avec Jordan Bardella.

Il a qualifié le reportage, réalisé par des journalistes d’investigation de l’organisation Verbatim, de « canular » orchestré par des « militants d’extrême gauche ».

Son discours à Birmingham a été retardé de près d’une heure pour des raisons de sécurité, puis interrompu à plusieurs reprises par des personnes dans la salle, vivement rabrouées par les partisans et promptement évacuées par la sécurité.

Des militants pour le climat, du groupe Climate Resistance, ont revendiqué les interruptions, selon l’un deux qui en a parlé sur Times Radio.

Les représentants du parti ont insisté vendredi sur leur capacité à exercer le pouvoir, présentant des mesures qu’un gouvernement Reform mettrait en œuvre lors de ses 100 premiers jours, comme celle d’« arrêter les arrivées de bateaux » de migrants depuis la France.

Lors de son intervention, Jordan Bardella a promis qu’en cas d’arrivée à la tête de l’exécutif en 2027, il ferait « tout ce qui est en son pouvoir pour que la France ne soit plus la porte d’entrée de l’immigration clandestine vers le Royaume-Uni ». Promesse matérialisée par la signature, à la tribune du congrès, d’un « protocole d’accord » avec M. Farage.

  • « Chasse au sorcier » -

Au Centre des congrès de Birmingham, les sympathisants de Reform UK, portant maillot de football floqué Farage ou cravate turquoise aux couleurs du parti, ont serré les rangs derrière leur champion.

« Son discours était très bon, très direct, très encourageant », se réjouit June Murray-Jenkins, militante de 63 ans, qui ne pense pas que la nouvelle polémique puisse entamer l’ascension de Reform. « C’est toujours pareil (…) ça revient sans cesse », dit-elle.

Son époux Keith, 68 ans, dénonce lui une « chasse au sorcier » contre Nigel Farage.

Ces nouvelles accusations interviennent après un été difficile pour le patron de Reform. Il est visé par une enquête parlementaire pour ne pas avoir déclaré un don de cinq millions de livres (5,7 millions d’euros), reçu d’un milliardaire peu avant son élection comme député en 2024.

Reform UK fait aussi l’objet d’une enquête policière sur son financement.

Nigel Farage a en juillet remis en jeu son siège de député dans la circonscription de Clacton, dans le sud-est de l’Angleterre, affirmant voulant laisser les électeurs « juges ».

Il a été largement réélu. Mais le scrutin, boycotté par tous les partis, a tourné à la farce, son principal adversaire étant un candidat fantaisiste.

Un revers pour Farage, vainqueur des élections locales de mai, qui ont contribué à la chute en juillet du Premier ministre travailliste Keir Starmer, remplacé par Andy Burnham.

Ses déboires ont profité au nouveau Premier ministre et au Labour, repassé en tête dans les derniers sondages.

Si les prochaines législatives ne sont pas attendues avant 2029, plus des deux tiers des Britanniques jugent que Nigel Farage n’est pas prêt à devenir Premier ministre, selon une récente étude Ipsos.

Agence France-Presse

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