« La faille du passeport financier européen est devenue un véritable système »

Mardi 6 janvier 2026

Après quatorze ans à son poste, la médiatrice de l’Autorité des marchés financiers alerte sur les trous dans la régulation financière européenne, notamment pour les sociétés enregistrées à Chypre ou à Malte, analyse, dans sa chronique, Eric Albert.

Publié aujourd’hui à 16h13, modifié à 16h13 Temps de Lecture 2 min.

Quatorze années passées sur le front des litiges financiers à voir passer les produits d’épargne faussement mirobolants, les contrats aux clauses volontairement incompréhensibles, et souvent la naïveté des petits épargnants trop avides au gain… A 78 ans, Marielle Cohen-Branche a quitté, au 1er décembre 2025, son poste de médiatrice de l’Autorité des marchés financiers (AMF), après y avoir été nommée pour la première fois en 2011.

[…] Grâce à cette perspective unique sur les petites et grandes tricheries de la finance, Mme Cohen-Branche était au premier rang pour voir passer les principales évolutions de ces dernières années : l’importance croissante des réseaux sociaux, l’explosion des cryptoactifs, le rajeunissement des épargnants depuis la crise due au Covid-19… Elle constate aussi un important trou dans la raquette, qui l’a régulièrement gêné dans son travail : le passeport financier européen, qui permet à une firme installée n’importe où dans l’Union européenne de vendre ses produits dans le reste du marché unique.

Difficultés remédiables

« Sur le papier, c’est une très bonne idée, mais elle repose sur le postulat erroné que tous les régulateurs ont les mêmes moyens, voire la même volonté. » En clair, une société financière enregistrée à Chypre ou à Malte – pour prendre deux juridictions pas du tout au hasard – est supervisée de façon nettement plus légère qu’en France, alors qu’elle peut y vendre ses produits. La faille est devenue un véritable système. Lire la suite.

Revenir en haut