La discrète rente pétrolière de Vincent Bolloré

Samedi 7 novembre 2026

Bolloré, ses milliards de fortune, ses coups financiers, ses affaires en Afrique, sa galaxie de médias ultra-conservateurs… L’histoire a été souvent racontée, mais un pan reste largement méconnu : l’empire du milliardaire réactionnaire s’est aussi construit – et continue de tourner – grâce au pétrole. Enquête.

Publié le 3 novembre 2026 , par Floriane Louison

« Rubis » : le nom est évocateur. Une pierre précieuse, une « petite pépite pétrolière », comme la décrit la presse en découvrant que l’entreprise est dans le viseur d’un certain Vincent Bolloré. Rubis distribue des hydrocarbures à l’ombre des majors et sur des marchés de niche, notamment dans des stations essence des Caraïbes. C’est suffisant pour engranger beaucoup d’argent : 309 millions d’euros de résultat net en 2025 avec une distribution de dividendes en hausse depuis 30 ans. Bolloré a décidé de profiter de cette machine à cash. En 2024, il monte au capital de l’entreprise, dont il détient aujourd’hui 6 % via l’une de ses filiales. En juin dernier, alors que les prix à la pompe explosaient pour les automobilistes, il a récolté près de 13 millions de dividendes.

Cet investissement de Bolloré dans l’or noir n’a rien d’une exception. Au fil des ans, le milliardaire a placé des pions stratégiques dans la chaîne pétrolière, se taillant discrètement une position de choix dans le secteur. Derrière son empire médiatique en grande partie mis au service de l’extrême droite et de ses idées se cache une autre facette de son influence, moins connue : celle d’un homme d’affaires dont la réussite est intrinsèquement liée aux énergies fossiles. Si rien ne permet aujourd’hui de lier directement les intérêts pétroliers de Bolloré à l’utilisation de ses médias comme plateformes pour des discours climato-sceptiques, le parallèle mérite d’être noté. Lire la suite.

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