Décryptage

Financement du terrorisme : plus de 5 millions d’amendes et 30 millions de confiscations requis contre Lafarge

Mardi 16 décembre 2025

Pendant plus de six heures, les deux représentantes du parquet national antiterroriste ont conduit des réquisitions implacables à l’encontre de l’entreprise Lafarge et de huit de ses anciens responsables. Elles ont éreinté le « cynisme » d’une « grande entreprise française » et de ses anciens dirigeants contre lesquels elles demandent jusqu’à six ans de prison ferme.

Par Valérie de Senneville Publié le 16 déc. 2025 à 18:50

Des réquisitions sévères étaient attendues. Elles ont été implacables. Pas un espace n’aura été laissé à la compréhension de ce « dérapage » de ce « dévoiement ». « Nous ne sommes pas dans une affaire financière mais dans une affaire de nature terroriste », stigmatise d’entrée Aurélie Valente, une des deux représentantes du parquet national antiterroriste (PNAT).

Pour la procureure, « peu importe le niveau d’élaboration des circuits financiers », « seule compte la finalité des flux financiers ». Et ils sont lourds. 4.694.680 euros pour être précis. Soit « plus de 4.000 kalachnikovs ou la rémunération de 3.300 à 3.600 moudjahidin pendant un an », compte froidement Aurélie Valente.

Peines maximales

Le PNAT demande des peines maximales et « exemplaires » contre ce « fleuron de l’industrie française, (qui) en est venue à financer des organisations terroristes, dans une seule visée : mercantile » : les sommes versés aux groupes terroristes et comptées par le PNAT seront dues comme amende douanière pour le non-respect des sanctions financières. L’amende devra être payée solidairement par la société et ses anciens dirigeants. A cette somme il faut ajouter pour la société, la confiscation des 30 millions d’euros consignés pendant l’instruction et placés sous séquestre, ainsi que la prise en charge intégrale des frais de justice (qui sont en cours d’évaluation). Lire la suite.

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