TRIBUNE

Eva Joly sur la condamnation de Sarkozy : « Ne cherchons pas à sauver l’illusion française de l’infaillibilité du pouvoir »

Mardi 30 septembre 2025

Après la condamnation de Nicolas Sarkozy dans l’affaire du financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007, l’ancienne magistrate Eva Joly dénonce des responsables politiques et médiatiques incapables de prendre la mesure d’actes profondément contraires à la loi et défend une justice qui doit s’appliquer à tous.

Eva Joly Avocate et ancienne élue EELV Publié le 29 septembre 2025 à 8h14 Lecture : 3 min

Les attentats terroristes du 13 novembre 2015 ont fait 130 morts. En 2022, Salah Abdeslam a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour sa participation à ce massacre. En septembre 1989, l’attentat contre le DC-10 d’UTA a fait 170 morts, dont 54 Français. En 1999, l’organisateur de cet attentat, Abdallah Senoussi, a été condamné à perpétuité par une cour d’assises française.

Imagine-t-on un candidat à la présidence mandater des émissaires pour aller à Rakka négocier des financements avec Daesh et les tueurs du Bataclan ? Non, et pas davantage ne pouvons-nous imaginer des émissaires français négocier avec le tueur du DC-10 d’UTA. Et pourtant, c’est arrivé. En 2005, l’entourage de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’intérieur, a négocié avec un assassin qui avait le sang de 54 citoyens français sur les mains. Ces rencontres avec un terroriste, alors déjà condamné par une cour d’assises française, Brice Hortefeux et Claude Guéant n’en contestent pas la réalité. C’est arrivé. Lire la suite.

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