Par Marion Torquebiau Publié le 11 sept. 2023 à 07:15
C’était il y a cinquante ans jour pour jour. Le 11 septembre 1973, une rumeur se propage à Santiago du Chili. Dès 6 heures du matin, les communications ont été coupées avec la ville voisine de Valparaíso et, à 9 heures, le palais présidentiel est envahi par les militaires sur l’ordre du général Augusto Pinochet. Quelques heures plus tard, la Moneda est bombardée et le président Salvador Allende est annoncé mort. C’est le début d’une dictature militaire qui durera seize ans, jusqu’à l’élection démocratique de Patricio Aylwin après un référendum populaire.
Depuis, le Chili tente d’appréhender le lourd héritage politique et mémoriel laissé par le régime militaire. A l’occasion de l’anniversaire du coup d’Etat, le journal chilien « El Mostrador » s’intéresse au legs économique de la junte, dans un pays où certains défendent encore la dictature comme ayant permis l’essor économique du pays.
[…] Mais, selon « El Mostrador », « le succès économique de la dictature n’est rien d’autre qu’un mythe ». L’auteur relaie les données de la Banque mondiale montrant que, malgré une croissance soutenue, le niveau de vie des Chiliens n’a fait que diminuer durant ces deux décennies. La preuve par les chiffres : en 1973, le PIB par habitant du Chili équivalait à 24,2 % du PIB par habitant des Etats-Unis. En 1989, il était descendu à 9,9 %. Lire la suite.