Renseignement

Censure avant parution ? Comment l’Etat veut contrôler les livres des anciens espions

Dimanche 3 mai 2026

L’article 17 du projet d’actualisation de la loi de programmation militaire, examiné cette semaine, prévoit d’imposer une validation des livres, articles de recherche, conférences, tribunes ou documentaires réalisés par des agents ou ex-agents des services de renseignement. En contradiction avec le droit d’expression.

Par Laurence Defranoux Publié aujourd’hui à 8h00 Il n’y a pas que les lecteurs qui guettent les livres des anciens espions. Les services de renseignement étrangers aussi, dans l’espoir que l’auteur lâche par mégarde un détail susceptible de permettre d’identifier une source, de décrypter un mode opératoire ou de révéler une opération en cours. C’est pour cela que le ministère des Armées a glissé, au milieu des milliards dévolus aux drones ou aux obus, dans le projet d’actualisation de la loi de programmation militaire (LPM) examiné par l’Assemblée nationale à partir de ce lundi 4 mai, un article visant à censurer a priori la production intellectuelle des agents et anciens agents des services de renseignement français. En attentant à leur liberté d’expression.

L’article 17 dispose que, sous peine de sanctions pénales, l’agent « qui souhaite publier ou diffuser une œuvre de l’esprit […] qui porte sur les activités de l’un des services est tenu d’en faire la déclaration au ministre responsable du service concerné et de lui transmettre l’œuvre […] avant la publication […]. » Et ce pendant dix ans après avoir quitté après avoir quitté ses fonctions. Lire la suite.

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