« Biens mal acquis » libanais : un fils et un avocat de l’ex-gouverneur de la banque centrale mis en examen à Paris

Vendredi 14 février 2025

Un fils et un avocat de l’ex-gouverneur de la Banque du Liban (BDL) Riad Salamé ont été mis en examen en décembre et janvier à Paris dans l’enquête sur des soupçons de détournement de fonds publics libanais, a appris l’AFP de source proche du dossier vendredi.

Agence France-Presse 14 février 2025 à 13h17

Un fils et un avocat de l’ex-gouverneur de la Banque du Liban (BDL) Riad Salamé ont été mis en examen en décembre et janvier à Paris dans l’enquête sur des soupçons de détournement de fonds publics libanais, a appris l’AFP de source proche du dossier vendredi.

Nady Salamé a été mis en examen le 9 janvier pour association de malfaiteurs en vue de commettre plusieurs délits, dont détournement de fonds publics par agent public au préjudice de l’Etat du Liban, abus de confiance ou corruption et pour blanchiment en bande organisée.

« Ca fait trois ans que je souffre des conséquences de choses auxquelles je n’ai pas participé, des choses de mon père et de mon oncle », les frères Riad et Raja Salamé, a indiqué cet homme franco-libano-britannique de 38 ans dans une courte déclaration devant les juges dont l’AFP a eu connaissance.

Il s’est présenté comme une « victime collatérale ».

Me Eric Moutet, qui le défend avec Me Luc Brossollet, a indiqué à l’AFP que son client était « serein » et « a tenu à s’expliquer sur des faits ne constituant pas la moindre infraction reprochable. »

Le 18 décembre, Marwan Issa El-Khoury, avocat-conseil et neveu de Riad Salamé, avait lui aussi été mis en examen pour les mêmes infractions, après deux jours d’interrogatoire.

Âgé de 52 ans, ce spécialiste des fusions-acquisitions et du financement de projets, a avancé son « éloignement total » par rapport aux faits objets de l’enquête et argué de son « indépendance » et de son « intégrité ».

Il a souligné être « humilié » au Liban par l’enquête dirigée par une juge d’instruction française et qui serait « très instrumentalisée au Liban ».

Son avocat n’a pas répondu dans l’immédiat à l’AFP.

Riad Salamé, à la tête de la Banque du Liban entre 1993 et juillet 2023, ainsi que son frère Raja, sont soupçonnés de s’être constitué un riche patrimoine immobilier et bancaire en Europe et aux Etats-Unis via un montage financier complexe, un détournement massif de fonds publics libanais et la complicité de nombreux protagonistes mis en cause dans cette enquête.

Riad Salamé fait l’objet d’un mandat d’arrêt international, tandis que Raja Salamé est mis en examen. Ils contestent fermement les faits.

« On peut espérer une fin de l’instruction en fin d’année et un procès en 2026. C’est toute l’histoire d’un clan familial et de ses conseillers à coloration mafieuse que la justice française est en train d’écrire », a réagi, sollicité par l’AFP, Me William Bourdon, un des avocats de l’association Sherpa et du Collectif des victimes des pratiques frauduleuses et criminelles au Liban.

Agence France-Presse

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