Par Anne Drif Publié le 10 sept. 2024 à 07:00 Mis à jour le 10 sept. 2024 à 07:16
De trophée arraché de haute lutte à leurs compétiteurs sur le sol américain, le prêt de 13 milliards de dollars accordé à Elon Musk pour le rachat du réseau X vire au fardeau pour BNP Paribas et Société Générale, les deux banques françaises qui se sont associées à cinq autres prêteurs anglo-saxons et japonais. Avec Morgan Stanley, Bank of America, Barclays, MUFG et Mizuho, elles se retrouvent « collées » depuis maintenant deux ans, avec le financement à leur bilan sans pouvoir le revendre. Une durée sans précédent dans l’histoire du LBO (acquisition financée par la dette) depuis la grande crise financière de 2008.
D’où un coût en capital et des risques de pertes potentielles croissants avec la remontée des taux, depuis que la transaction a été « pricée » en octobre 2022. Au printemps 2023, Bloomberg estimait que les pertes pour l’ensemble des banques sur ce crédit pourraient s’élever à 4 milliards de dollars , contre 500 millions de dollars en octobre de l’année précédente. Et ce bien qu’Elon Musk a procédé à plusieurs remboursements en tranches de 300 millions de dollars sur la totalité de ses prêts. Lire la suite.