Reportage

« L’antifascisme et le logement sont deux enjeux transversaux » : en Espagne, vol au-dessus d’un nid de vautours

Jeudi 15 octobre 2026

À Madrid, une semaine après la mort de Maricarmen le 7 octobre, les locataires menacés d’expulsion témoignent de leur lutte contre les fonds d’investissement et appellent à rejoindre la grève générale du 11 novembre.

Monde 8min Publié le 15 octobre 2026 Antoine Portoles

Madrid (Espagne), envoyé spécial.

Les bras entrelacés, ils se mettent à briser le silence de mort qui règne dans le quartier du Retiro, à Madrid. Une chorale et quelques chants fredonnés au pied de l’immeuble de Maricarmen Abascal. En el pozo Maria Luisa, l’hymne des mineurs asturiens, retentit dans le cœur écorché de milliers de Madrilènes venus rendre un dernier hommage à la retraitée de 87 ans, décédée après avoir été expulsée par un fonds vautour.

L’une des leurs. « Vive la lutte de la classe ouvrière ! » entonnent-ils tous en chœur, le poing levé, le trousseau de clés agité. Au cœur de la foule, quelqu’un se tient en retrait. Un homme, qui ne dit mot. Il observe la communion en enchaînant les cigarettes, comme paralysé par l’extraordinaire élan de solidarité qui se propage devant ses yeux livides. Et si c’était au pied de son appartement que le rassemblement avait eu lieu ? Et si c’était pour lui dire adieu, à lui ?

Marcos vit depuis vingt-deux ans dans la rue de Valverde, à cheval entre les quartiers de Malasaña et de Chueca. « C’est l’une des allées les plus photographiées de Madrid par les touristes, confie-t-il, le rire jaune. La vue sur l’horloge de l’Edificio Telefonica est spectaculaire, ça leur fait penser à New York. » Lire la suite.

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