Nik Afanasjew Journaliste
Publié le 02 octobre 2026 à 18:35. / Modifié le 07 octobre 2026 à 16:25.
[…] D’un point de vue formel, Próspera est une zone économique spéciale. Moins d’impôts, de droits de douane et de réglementations est censé attirer les investisseurs et favoriser la croissance. À première vue, cela peut sembler peu spectaculaire, il existe de nombreuses zones de ce type à travers le monde – même la Corée du Nord en a une. Il existe toutefois une différence décisive : selon les traités signés, l’État du Honduras a cédé sa souveraineté sur les territoires appartenant à Próspera. Celle-ci est désormais exercée par Honduras Próspera Inc., une entreprise privée enregistrée aux États-Unis.
Tant pis pour la démocratie
Parmi les bailleurs de fonds figurent de grands acteurs de la scène libertarienne de la Silicon Valley, tels que l’anarcho-capitaliste Patri Friedman, le développeur de logiciels Marc Andreessen, l’entrepreneur en série Balaji Srinivasan – ainsi que Peter Thiel, l’investisseur qui entretient d’excellentes relations avec Donald Trump et son vice-président, J. D. Vance. Peter Thiel, qui préside notamment Palantir Technologies, considère que la démocratie et la liberté ne sont pas compatibles. C’est ainsi que Próspera n’est dirigée ni par un président ni par un Premier ministre, mais par un PDG, secondé par un conseil d’administration.
Próspera est ainsi décrite comme un véritable État dans l’État – ou du moins une ville privée, ce qu’on appelle une « charter city ».
Fondamentalement, les « charter cities » visent à confier l’ensemble des services publics à des entreprises privées. Les gens qui ailleurs sont des citoyens, doivent ici être des clients. Lire la suite.