Culture et savoir 8min Publié le 17 août 2026 Samuel Gleyze-Esteban
On ne connaît pas la voix de Lorca. Des photos, il y en a, qui ont fixé dans la mémoire collective ce beau visage rond et brun. Des images en mouvement aussi : en novembre dernier, de vieilles pellicules du jeune Lorca en itinérance théâtrale sont réapparues.
Dénichées par le cinéaste espagnol Manuel Menchon pour un documentaire à venir, La voz quebrada (« la voix brisée »), construit autour des journaux de Juan Ramirez de Lucas, l’ultime amour de Lorca, ces images attestent d’une mémoire qui ne se tarit pas. Au détour d’un photogramme, on aperçoit le sourire de l’artiste, à l’arrière d’une voiture embarquée sur les routes poussiéreuses d’Espagne, dans le bouillonnement des années de la Barraca, théâtre universitaire ambulant impulsé et soutenu par la Seconde République.
On ne connaît pas la voix de Lorca, pourtant il a failli y en avoir une trace : l’Archive sonore, phonothèque créée sous la deuxième République espagnole, avait prévu de faire parler le poète dans ses micros. Mais Lorca était encore jeune. Il y avait le temps. On ne savait pas que le poète et dramaturge mourrait à 37 ans.
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