Par Lisa Farou Publié le 02 octobre 2026 à 17h40
Peut-être que ce vendredi 2 octobre, votre cinéma préféré aura changé de nom. Symboliquement, du moins. À Douarnenez (Finistère), par exemple, l’entrée vitrée du Club est rehaussée de feuilles blanches. « Cinéma René-Vautier », peut-on lire sur la façade, photographiée par Le Télégramme. Une action d’ampleur nationale, initiée par quatorze associations et syndicats de l’industrie. Parmi elles, la Société des réalisatrices et réalisateurs de films (SRF), l’Association du cinéma indépendant pour sa diffusion (Acid) ou encore l’Association française des cinémas d’art et d’essai (AFCAE). « Nos organisations appellent tous les cinémas qui le souhaiteraient à faire de même et à afficher, le temps d’une journée, le nom de René Vautier en soutien au cinéma d’Elne », écrivent-elles dans un communiqué paru ce 2 octobre.
Car c’est ce même jour que le cinéma de cette petite ville d’Occitanie, récemment passé sous la houlette de la municipalité, rouvre ses portes. Nouvelle organisation (exit l’association historique Cinémaginaire, remplacée par un prestataire), mais, surtout, nouveau nom. Le maire Steve Fortel, sans étiquette mais classé à l’extrême droite par la préfecture des Pyrénées-Orientales, l’a rebaptisé « La Bobine illibérienne » (en référence au nom des habitants d’Elne), rayant par la même occasion le patronyme du réalisateur René Vautier (1928-2015), qui ornait la façade depuis l’ouverture en 2005.
Le maire « ne peut pas entendre parler de gens comme René Vautier », nous glissait Roland Castanier, élu de l’opposition (PCF). En cause, l’engagement du cinéaste. Tout au long de sa vie, René Vautier a dénoncé à travers ses films le colonialisme, le capitalisme mais aussi la guerre d’Algérie (Avoir vingt ans dans les Aurès, disponible sur la plateforme Tënk). Son soutien au Front de libération nationale dérange particulièrement l’édile. « J’apporte une simple précision : si demain je dois retirer d’autres noms de rues, d’endroits, de personnes qui ont soutenu le FLN, je le ferai, ça c’est clair », avait annoncé Steve Fortel lors du conseil municipal du 22 septembre, actant sa décision de débaptiser le cinéma. Lire la suite.