Social et Économie 6min Publié le 21 mai 2026 Hélène May
Le gouvernement refuse d’ouvrir le débat sur la taxation des superprofits de TotalEnergies au nom de la défense de la souveraineté nationale. Que vous inspire cette argumentation ?
Alain Deneault professeur à de l’université canadienne de Moncton et auteur de nombreux essais sur les paradis fiscaux, l’impact de la gouvernance managérial ou l’engagement politique.
Elle est consternante. Nous ne sommes plus au XXe siècle, et l’État français n’a presque plus de parts dans TotalEnergies. La compagnie est désormais un mastodonte apatride, présent dans 130 pays du monde, dont l’actionnariat est éclaté. C’est même une entité anglophone dans son fonctionnement, guidée par les intérêts de ses actionnaires. Mais, par atavisme, on en parle encore comme d’un joyau de la République.
Bien sûr, une partie du personnel, surtout dirigeant, est encore française. Cela entraîne des accointances, au sens où le phénomène de portes tournantes entre les institutions publiques en France et l’entreprise est étourdissant. Mais, dans ce jeu, il me semble que c’est davantage Total qui dispose… Lire la suite.