Par Dinh Tiên (Bangkok, correspondance) Publié aujourd’hui à 10h51, modifié à 11h16
Temps de Lecture 5 min.
Mohammad Ullah aimait plaisanter, souriait sans cesse. « Malgré l’incertitude, la souffrance et une lutte quotidienne pour survivre, il restait drôle, joyeux. Tout le monde se souvient de lui », raconte son ami Ajas Khan, 22 ans, joint par appel vidéo dans une épicerie de Kutupalong, le plus grand camp de réfugiés au monde.
C’est là, dans le district de Cox’s Bazar, à la pointe sud-est du Bangladesh, que les deux jeunes Rohingya se sont rencontrés en 2017. Avec leurs familles, et aux côtés d’environ 750 000 membres de cette minorité musulmane originaire du nord de l’Etat de l’Arakan, aujourd’hui rebaptisé Etat Rakhine, dans l’ouest de la Birmanie, ils avaient fui les atrocités commises par l’armée birmane, qualifiées de « nettoyage ethnique » par l’Organisation des Nations unies et de « génocide » par les Etats-Unis.
« Mohammad était comme un grand frère, poursuit Ajas Khan. Il savait rapprocher les gens par le dialogue, l’écoute et le rire. » Cet homme de 28 ans, très investi dans sa communauté, notamment auprès des enfants, mettait en garde contre les passeurs et les trafiquants, qui promettent une vie meilleure et poussent chaque année des milliers de Rohingya à entreprendre de périlleuses traversées vers la Thaïlande, la Malaisie ou l’Indonésie. Lire la suite.