Par Olivier Lamm Publié aujourd’hui à 5h22
Le 17 octobre 1961 à Paris, il faisait froid, il pleuvait. Mais un jeune Algérien terrifié, après avoir été tabassé et jeté à l’eau par la police française sur ordre du préfet Maurice Papon, a passé six heures dans l’eau, jusqu’à manquer de mourir de froid. Il raconte son histoire dans Octobre à Paris, film tourné clandestinement par Jacques Panijel pour évoquer ce que l’on nommerait plus tard le « massacre du 17 octobre ». Un document rarissime sur le racisme et la violence d’Etat pendant la guerre d’indépendance algérienne, filmé « d’octobre 1961 à mars 1962 » et envisagé par son auteur, héros de la Résistance et membre du Comité pour la recherche du militant évanoui Maurice Audin comme un palliatif à l’ignorance et à l’oubli.
Fameusement, le film sera interdit : puis obtiendra un visa d’exploitation à l’issue d’une grève de la faim de René Vautier, en 1973 pour finalement sortir au cinéma en 2011, cinquante ans trop tard. On le découvre la semaine d’un autre 17 octobre. Et peu de temps après qu’ un maire d’extrême droite a fait débaptiser le cinéma René-Vautier de sa ville pour constater son électricité politique et son indignation intactes, comme si le massacre avait eu lieu avant-hier. Lire la suite.