Les services secrets allemands se tournent vers le français ChapsVision pour leur logiciel d’analyse de données, afin d’éviter Palantir

Mardi 19 mai 2026

L’administration allemande prend conscience du risque que représente une dépendance excessive aux services informatiques américains.

Par Cécile Boutelet (Berlin, correspondance) Publié aujourd’hui à 12h00

Temps de Lecture 3 min.

Lentement, l’idée de souveraineté numérique commence à s’installer en Allemagne, très consommatrice de services informatiques américains. Selon les informations révélées par les chaînes publiques régionales WDR et NDR, et par le quotidien Süddeutsche Zeitung, l’Office fédéral pour la protection de la Constitution – l’agence du renseignement intérieur allemande – a fait le choix de se tourner vers une solution européenne pour son logiciel d’analyse de données, afin d’éviter d’avoir recours aux services de la firme américaine Palantir. C’est une entreprise française, ChapsVision, fondée par le polytechnicien Olivier Dellenbach, qui a été retenue.

Depuis plusieurs années, l’Allemagne débat de la question de savoir si les forces de l’ordre ou le renseignement doivent, ou non, utiliser les services du groupe Palantir, dont la spécialité est d’analyser de très grandes quantités de données issues de sources différentes, permettant aux agences publiques de défense, de renseignement, de police et de sécurité d’intervenir de façon plus rapide et efficace. L’entreprise est très controversée, notamment pour son rôle central dans l’action de la police de l’immigration américaine, l’ICE, et pour ses liens avec l’investisseur Peter Thiel, qui s’est exprimé plusieurs fois de façon critique sur la démocratie libérale.

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