Par Lucie Robequain Publié aujourd’hui à 06h00, modifié à 07h05
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Mieux vaut bien choisir ses créanciers quand on dépense à l’excès. La France, qui affiche l’un des taux d’endettement les plus élevés d’Europe (117 % de sa richesse nationale), suscite quelques inquiétudes de ce point de vue. Sa dette, qui était jusqu’alors largement détenue par des institutions publiques, des banques et des assureurs, l’est de manière croissante par des fonds spéculatifs – plus connus sous le nom de « hedge funds ». « La base d’investisseurs de la dette française évolue vers des détenteurs moins stables », alertait la Banque de France dans son rapport sur la stabilité financière, le 26 juin.
Le poids des hedge funds dans la dette française ne fait l’objet d’aucune évaluation officielle. Tout juste sait-on qu’ils représentent plus de la moitié des demandes adressées aux banques chargées de vendre la dette française chaque semaine, indique la Banque de France dans son rapport, sur la base d’un sondage réalisé par la Banque centrale européenne (BCE). Autre donnée frappante : les établissements financiers basés aux îles Caïmans – pour la plupart des fonds spéculatifs – détenaient 64 milliards de dollars (55 milliards d’euros) d’obligations françaises en juin 2025, en hausse de presque 30 % sur six ans, selon les données publiées chaque semestre par la Securities and Exchange Commission, le « gendarme » boursier américain. Ce n’est qu’une toute petite proportion de la dette hexagonale, qui approche 3 500 milliards d’euros. Lire la suite.