Histoire

Les déboires et mémoires de la guerre civile espagnole

Jeudi 9 avril 2026

Un ouvrage de François Godicheau, Pierre Salmon et Mercedes Yusta déconstruit les mythes des deux camps. Une mise au point salutaire sur un conflit aux lectures biaisées.

Par Olivier Wieviorka Publié le 08/04/2026 à 23h18

Si la guerre civile qui a endeuillé l’Espagne entre 1936 et 1939 a répandu des fleuves de sang, elle a aussi fait couler des flots d’encre. Chaque camp a en effet tenté d’imposer la légitimité de son combat, au point de consacrer une version en miroir renvoyant franquistes et républicains dos à dos. Les premiers se flattent d’avoir rétabli un ordre que le chaos républicain aurait ruiné ; les seconds dénoncent à l’inverse la brutalité d’un coup de force barbare et liberticide. C’est dire que l’ouvrage de François Godicheau, Pierre Salmon et Mercedes Yusta consacrent à ce conflit brûlant tombe à point nommé pour briser quelques mythes que l’extrême droite ibère s’emploie à propager.

A commencer par l’image négative accolée à la république espagnole. Né en 1931 sur les décombres de la monarchie, le jeune Etat aurait laissé prospérer l’anarchie. Une vision trompeuse. En effet, l’Eglise n’avait jamais admis une république qui avait laïcisé l’état-civil et accordé le divorce, et les notables refusaient l’émancipation du petit peuple qu’ils exploitaient sans vergogne avec l’aide empressée de la Guardia Civil. D’emblée, donc, le régime ne fut pas accepté par les conservateurs qui réussirent toutefois à gagner les élections en 1933. Ils ne parvinrent cependant pas à gouverner, ce qui ouvrit à la gauche les portes du pouvoir en 1936. Lire la suite.

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