Par Scilla Alecci (ICIJ) Publié aujourd’hui à 00h01
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Peu après le lever du jour, un samedi nuageux de février 2019, neuf banquiers de l’Industrial and Commercial Bank of China (ICBC) pénètrent dans la succursale londonienne de la banque, la plus grande au monde en termes d’actifs, pour une réunion extraordinaire. Ils sont convoqués exceptionnellement par les dirigeants de l’ICBC avec une requête : exfiltrer rapidement 1,3 milliard de dollars (environ 1,13 milliard d’euros) de « liquidités d’urgence » appartenant à un client capital, Huawei, de la City vers la Chine.
Le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) et ses partenaires, déjà à l’origine des « Panama Papers », ont étudié 4,8 millions de documents bancaires confidentiels issus de l’ICBC Londres. Ils montrent comment les responsables de cet établissement ont régulièrement ignoré les signaux d’alerte et outrepassé les politiques internes de lutte contre le blanchiment d’argent, sous la pression du siège de Pékin. Pour Huawei, comme pour d’autres clients liés au pouvoir politique.
L’enquête « China Capital », dont Le Monde diffuse une partie des conclusions, offre un regard sans précédent sur la manière dont les priorités intérieures et les ambitions mondiales de la Chine dictent les opérations quotidiennes de l’un de ses bras financiers les plus puissants. Lire la suite.