Le Capitalisme de l’apocalypse. Ou le rêve d’un monde sans démocratie de Quinn Slobodian Seuil, 384 p., 25,50 €
Olivier Tallès, le 02/02/2025 à 12:27
De quoi ça parle
Il existe deux façons de regarder la carte du monde. La classique, où figurent les quelque 200 États-nations et leurs frontières bien délimitées et celle que nous propose l’historien Quinn Slobodian dans son dernier ouvrage : le planisphère des centaines de zones économiques spéciales, enclaves, ports francs, paradis fiscaux, territoires résidentiels fermés, cités-États…
Il s’agit de trous noirs où s’engouffrent des milliardaires qui rêvent d’échapper aux taxes et contraintes des États providences. Pour ces acteurs privés en quête de profits et de sécurité économique, ces forteresses de la déréglementation sont une façon de faire sécession contre l’idée du public, du commun, et même de la démocratie.
L’auteur nous invite à les regarder de près : Hong Kong, Canary Wharf à Londres, Dubaï, Liechtenstein, « zones d’opportunités » aux États-Unis… Donald Trump est un fervent adepte de ces territoires où l’on s’affranchit des lois sur l’occupation des sols, des codes de construction et des taxes, avec des promoteurs qui remplacent les conseils municipaux en matière de développement urbain.
Ce sont autant d’archipels où s’expérimentent des formes radicales de capitalisme défendues par l’économiste aujourd’hui décédé Milton Friedman et la cohorte des libertariens comme Peter Thiel ou Elon Musk. Lire la suite.