Par Margo Magny Publié aujourd’hui à 17h16
Trois cents pages de tableurs, de captures d’écrans de mails et d’évaluations juridiques… Dans un rapport paru le 19 mars, le fonds spéculatif Grizzly Research a accusé le groupe Accor d’être impliqué dans « la traite d’êtres humains ou d’enfants ». Selon la société financière new-yorkaise, présente dans plus de 25 pays, au moins quarante hôtels auraient accepté des réservations laissant supposer des abus sexuels et l’exploitation d’enfants, notamment des orphelins ukrainiens destinés à l’adoption en Russie. Sauf que l’enquête n’est pas dénuée d’arrière-pensées. En tant que fonds spéculatif, Grizzly Research a pour objectif de faire du profit en prenant des positions à l’achat ou à la vente sur des actifs financiers. Et son rapport visant le groupe français d’hôtellerie a eu l’effet escompté : après la diffusion de ces accusations, l’action d’Accor a perdu 5,97 % avant de remonter à + 3,44 % mercredi 8 avril, et la société prenait immédiatement une position « short », soit une position vendeuse.
L’influence de ces fonds spéculatifs activistes à l’image de Grizzly Research, Muddy Waters Research ou encore Hindenburg Research, a explosé dans les années 2000, et avec eux les campagnes publiques de vente à découvert, selon un article de l’université de droit d’Harvard. Lire la suite.