Agence France-Presse 10 septembre 2026 à 15h10
La procureure de Paris a indiqué jeudi avoir identifié « d’autres potentiels rabatteurs » ayant oeuvré pour le criminel sexuel américain Jeffrey Epstein, les investigations se poursuivant malgré la mort d’un suspect clef.
En juillet, le décès de Daniel Siad, recruteur de mannequins soupçonné d’avoir été un rabatteur pour Epstein et d’autres hommes, avait vivement indigné des plaignantes, dénonçant une lenteur de la justice à l’interroger.
L’une d’entre elles, l’ex-mannequin suédoise Ebba P. Karlsson, a assigné en août l’Etat français pour « faute lourde », tout comme l’association Innocence en danger au nom des victimes potentielles de l’Américain.
Daniel Siad faisait l’objet d’une enquête confiée à l’Office central pour la répression de la traite des êtres humains (OCRTEH), mais n’avait pas encore été entendu.
Il avait, par voie de presse, demandé à livrer sa version des faits à la justice.
« Je veux le dire, aux victimes qui se sont émues, évidemment, du décès de Daniel Siad, parce qu’il était prévu une audition rapprochée, (…) nous avons eu d’autres noms de potentiels rabatteurs », a déclaré Laure Beccuau, au micro de France Inter.
« Le réseau Epstein, pour nous, c’est un réseau labyrinthique. Pour en sortir, ce n’est pas un seul fil d’Ariane qu’il faut tirer, c’est des dizaines et des dizaines de fils », a-t-elle ajouté, pour ce dossier qui « emmène à New York », « vers Saint-Tropez, vers Cannes ».
Sollicitée par l’AFP, Ebba P. Karlsson à exhorter la procureure de Paris à « ne pas attendre ». « Interrogez dès maintenant les personnes qui doivent l’être. Suivez les pistes sans tarder. Mettez les preuves en sécurité dès à présent », a-t-elle insisté.
« Ces crimes remontent à plusieurs décennies. Les personnes impliquées vieillissent. Chaque délai a des conséquences. Des témoins peuvent disparaître. Des preuves peuvent être perdues. Et des gens peuvent mourir. Nous, les survivantes, attendons justice depuis des décennies déjà », a insisté Mme P. Karlsson, qui a cofondé le collectif Victorious Angels - We RISE, dénonçant des violences sexuelles dans le milieu du mannequinat.
Sur France Inter, la procureure a précisé avoir identifié « 26 victimes », dont « huit » qu’il « reste à entendre » car « certaines victimes » sont « domiciliées à l’étranger ».
« Sur ces 26 victimes, il y en a 13 qui jusqu’alors n’étaient apparues dans aucun dossier, pas plus le dossier Brunel que le dossier Gérald Marie », a-t-elle précisé.
Jean-Luc Brunel, agent de mannequins et proche de Jeffrey Epstein, s’est suicidé en détention en 2022, après avoir été mis en examen pour viols sur mineures et harcèlement sexuel.
De son côté, Gérald Marie, ex-directeur de la prestigieuse agence de mannequins Elite, a bénéficié d’un classement sans suite pour prescription, dans une enquête pour viols et agressions sexuelles.
Mais depuis la diffusion des Epstein Files, et le lancement d’investigations sur l’entourage de l’Américain, plusieurs femmes ont porté plainte pour obtenir de nouvelles investigations sur Gérald Marie.
« Je n’ai jamais violé personne », s’est défendu ce dernier sur RTL fin août. « J’ai toujours eu un comportement cohérent et correct avec les femmes. J’adore les femmes. Je me vois mal en train d’en forcer une », a-t-il dit.
Il a aussi nié toute relation avec Jeffrey Epstein, évoquant une seule rencontre.
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