Affaire Epstein : des parties civiles dénoncent la « lenteur » de la justice française et assignent l’Etat pour « faute lourde »

Samedi 15 août 2026

L’association de protection de l’enfance Innocence en danger et la plaignante suédoise Ebba Karlsson soulignent les manquements de l’institution judiciaire, du fait des délais de traitement des accusations et des pistes d’enquête non suivies.

Par Jérôme Lefilliâtre et Lucie Soullier Publié le 13 août 2026 à 15h57, modifié hier à 01h05

Temps de Lecture 4 min.

La justice française a-t-elle correctement traité le versant hexagonal de l’affaire Jeffrey Epstein ? Deux parties civiles en doutent, et ont décidé, chacune de leur côté, d’assigner l’Etat français devant le tribunal judiciaire de Paris pour « faute lourde ». La première d’entre elles est Innocence en danger, l’association de protection de l’enfance qui avait provoqué l’ouverture par le parquet de Paris d’une première enquête pénale, à l’été 2019, sur la base de signalements réalisés après l’arrestation aux Etats-Unis du financier américain.

Dans son assignation, transmise le 31 juillet et consultée par Le Monde, Innocence en danger dénonce une « succession de carences procédurales objectivement constatables » dans la gestion du dossier pénal, notamment la « lenteur » avec laquelle les investigations ont été menées, caractéristique selon elle d’un « fonctionnement défectueux du service public de la justice ».

L’association souligne par exemple le temps qu’il a fallu aux enquêteurs désignés, issus de l’Office central pour la répression des violences aux personnes, pour effectuer une perquisition de l’appartement parisien d’Epstein avenue Foch, pourtant « identifié depuis plusieurs années comme un lieu susceptible de présenter un intérêt majeur ». Cette opération avait été réalisée le 23 septembre 2019, un mois et demi après le suicide en prison du milliardaire. Lire la suite.

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