En Pologne, la droite nationaliste au cœur d’un scandale lié à une plateforme de cryptomonnaies

Lundi 14 septembre 2026

En avril, la société Zondacrypto s’est montrée incapable de rembourser ses clients. L’enquête a mis en lumière ses liens avec des membres du parti ultraconservateur Droit et justice (PiS) et de la formation d’extrême droite Confédération Liberté et indépendance. Déjà affaibli par une scission, le PiS, au pouvoir de 2015 à 2023, aborde les élections législatives de 2027 en position très difficile.

Par Florent Georgesco (Varsovie, correspondant régional) et Jakub Iwaniuk (Varsovie, correspondance) Publié aujourd’hui à 16h00, modifié à 16h22

Temps de Lecture 5 min.

L’affaire apparaissait déjà comme un scandale financier de grande ampleur, l’un des plus importants que la Pologne ait connus depuis la chute du communisme et le retour de la démocratie, en 1989. Elle est en train de devenir le cauchemar du parti Droit et justice (PiS), la formation nationaliste qui a gouverné le pays de 2015 à 2023, et, dans une moindre mesure, de la Confédération Liberté et indépendance (extrême droite libertarienne).

Quand, en avril, la plateforme de cryptomonnaies Zondacrypto s’est montrée incapable de rembourser ses clients, pour un montant global estimé à 2 milliards de zlotys (environ 463 millions d’euros), les observateurs relevaient déjà que la société avait sponsorisé des événements organisés par le camp nationaliste. Mais personne ne pouvait prévoir l’enchaînement de révélations qui, à la faveur d’enquêtes journalistiques et de la procédure pour fraude et blanchiment lancée par le parquet de Katowice, où l’entreprise a été créée, allait embraser le monde politique polonais durant l’été.

Plusieurs responsables politiques sont en effet soupçonnés d’avoir tiré un profit personnel et politique de leurs liens avec Zondacrypto, en monnayant leur influence. Au premier chef, Zbigniew Ziobro, qui fut ministre de la justice de tous les gouvernements dirigés par le PiS. Déjà accusé par le parquet de détournements de fonds dans une autre affaire et menacé d’être placé en détention, l’homme est en fuite depuis l’automne 2025 ; il vit aujourd’hui aux Etats-Unis. Il a reconnu lui-même, au début de septembre, que sa fondation, l’Institut de la Pologne souveraine, a touché, en 2025, 450 000 zlotys du patron de la société de cryptomonnaies Lire la suite.

Revenir en haut