En débat 10min Publié le 13 mars 2026 Latifa Madani
Cet ouvrage est le 4e volet d’une étude monumentale entamée en 2006 sur la France, les femmes et le pouvoir depuis le Ve siècle. Paru en 2020, les éditions du CNRS ont eu la bonne idée de le ressortir dans leur collection poche « Biblis ». Les trois premiers tomes, parus chez Perrin, couvrent la période allant du Moyen Âge à la Révolution. Éliane Viennot vient de clore le 5e, consacré à la période contemporaine.
Les six premières décennies du XIXe siècle (1804-1860) ont vu le retour de la monarchie puis de la République. Une période au cours de laquelle l’ordre masculin s’est consolidé comme jamais. Ainsi a été mis en place tout un arsenal législatif et administratif visant à légitimer la soumission des femmes et leur statut d’infériorité. Tout cela, à l’appui de théories scientifiques et de thèses philosophiques.
Cette entreprise s’inscrit dans la continuité de la Révolution française, qui a fini par exclure les femmes au nom des « droits de l’homme ». Selon l’autrice, spécialiste des relations de pouvoir entre les sexes et de la masculinisation du langage, la société et la vie politique françaises en sont encore imprégnées de nos jours.
Dans les 60 premières années du XIXe siècle, la domination masculine s’est consolidée comme jamais. En quoi cette période fut-elle propice à une telle affirmation et un tel déploiement de la puissance des hommes ?
Éliane Viennot Membre de l’Institut universitaire de France de 2003 à 2013, Éliane Viennot est agrégée de lettres et historienne des relations de pouvoir entre les sexes. Elle a enseigné dans les universités de Washington (Seattle, États-Unis), Nantes, Corte et Saint-Étienne. Elle est l’autrice de plusieurs études sur les dirigeantes de la Renaissance, la querelle des femmes et la masculinisation de la langue française.
Il faut réaliser que l’épisode révolutionnaire a fait comprendre à tout le monde que l’égalité et la liberté n’étaient pas que des mots : qu’elles pouvaient devenir effectives, si des gens s’en donnaient les moyens, que le sens… Lire la suite.